Le Vrai visage du catharisme
Qu'on ne cherche pas ici, encore, une vaine construction de cette imagination "combleuse de vide" – selon l'expression de Simone Weil – qui, depuis le début du XXe siècle, porte tant d'auteurs à fabriquer un catharisme mythologique et, hélas, commercialisable, à petits renforts de trésors cachés, de Graals pyrénéens, d'inédits de Platon, de rêves bouddhistes et hyperboréens ou d'ésotérisme platement occultiste.
Le catharisme fut l'un des grands courants
du Moyen Âge chrétien. Particulièrement, mais non exclusivement, implantée en Occitanie, déracinée par le fer des armées catholiques, les procédures de Rome et le feu des bras temporels, cette religion disparut de l'histoire à la fin du XVe siècle laissant, par-delà une longue oblitération, un message vivant que livre à qui veut bien le lire la mémoire des documents médiévaux : christianisme sans damnation éternelle et sans croix, le catharisme refusa le mal et la violence et crut en la bonté fondamentale de la nature humaine.
Le vrai visage du catharisme, celui des Bons Hommes dont le bâton sonnait de bourg en châteaux, de ville en désert clandestin, celui des croyantes qui entraînaient celles qu'elles aimaient dans leur aventure et dans leur foi, c'est le visage que les cathares nous tendent eux-mêmes à travers le miroir dépoli des manuscrits et du temps.
Cet ouvrage a reçu le prix Notre Histoire.
broché – 16x24 – 204 pages – illustrations N&B – 11e édition juin 2004 [1988 pour la première édition] – 23 euros – ISBN 2-86266-436-7