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La Retirada ne marque pas la fin de la guerre d’Espagne. Dès leur arrivée en France, les opposants à la dictature de Franco reprennent la lutte pour mettre à bas ce régime. Ils ne vont cesser, trois décennies durant, de dénoncer le franquisme et ses exactions, de réclamer le départ de celui qui a pris le pouvoir par la force. Empruntant des voies diverses – selon leurs origines politiques et selon les moments et les circonstances –, militants et sympathisants participent à des manifestations de protestation ou à des actions plus directes de soutien aux antifranquistes restés en Espagne. Mais cette lutte n’est pas le monopole des seuls Espagnols. L’antifranquisme sert de creuset à tous les antifascistes, espagnols et français, qui s’insurgent contre le régime de Franco et dénoncent ses collusions avec les gouvernements français. Dans la quasi-totalité des villes de France, notamment dans le Sud, terre d’exil des Espagnols, on voit défiler ces cortèges cosmopolites, plus ou moins nombreux et animés selon les époques.

Or l’histoire a peu retenu ces épisodes. On ne peut que s’étonner du relatif silence, voire du manque d’intérêt, qui entourent l’antifranquisme enfoui dans une mémoire silencieuse.
À l’inverse, la culture de l’exil, associée pendant une période à l’antifranquisme, connaît aujourd’hui un réel engouement. Elle est relayée par les très nombreuses associations d’exilés, essentiellement constituées des enfants et petits-enfants des exilés. Dans le sud de la France, cette transmission est souvent assurée et reprise par certaines institutions locales.
Pourquoi un tel débordement mémoriel face à ce déni qui touche l’antifranquisme ? Celui-ci porterait-il le poids d’un triple échec, échec de la guerre, échec de l’exil, échec de l’oubli ?
Mais renvoyer tous ces militants à leur statut de vaincus, ce serait oublier le sens de leur exil et les significations politiques qu’ils ont données à leurs luttes. Ce serait oublier qu’avec d’autres ils ont construit un socle de convictions ancrées dans une longue tradition historique. C’est pour tenter d’en rendre compte que nous avons fait cet ouvrage.

Violette Marcos est docteur en histoire. Sa thèse de doctorat a porté sur le Parti communiste et l’antifranquisme. Juanito Marcos s’est spécialisé dans la recherche documentaire en histoire sociale. Tous deux ont publié Itinéraire d’un anarchiste, Alphone Tricheux (1880-1957) en 2011 et Les Camps de Rivesaltes en 2009 et participé à 1936, Luttes sociales dans le Midi de la France.
Annie Rieu Mias est sociologue. Ses thèmes de recherches ont porté sur l’exil républicain espagnol et sur les réseaux de renseignements transfrontaliers pendant la Seconde Guerre mondiale.
Après des études d’histoire, Danièle Chenal a travaillé dans la fabrication du livre et l’édition.

auteurs : Danièle Chenal, Juanito MarcosAnnie Rieu Mas, sous la direction de Violette Marcos

broché – 16 x 22 cm – 240 pages + cahier photo. 8 p. – noir – avril 2013 – 19 euros
ISBN 978-2-86266-686-X

 

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